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Par Forsim, dernière mise à jour le 21 09 2026
La bientraitance en EHPAD se construit dans les pratiques quotidiennes, l'organisation et la communication des équipes. Découvrez des repères concrets pour développer une démarche collective.
En EHPAD, la bientraitance se construit souvent dans des situations ordinaires : respecter le rythme d’un résident, expliquer un accompagnement, préserver son intimité, entendre un refus, transmettre une information à l’équipe ou prendre le temps de réinterroger une pratique devenue automatique.
Elle ne repose donc pas uniquement sur les comportements individuels. La Haute Autorité de Santé rappelle que le déploiement de la bientraitance et la prévention de la maltraitance constituent un engagement partagé entre la direction, les professionnels, les personnes accueillies, les proches et leurs représentants. [1]
Pour les établissements, l’enjeu est de faire vivre cette démarche dans les pratiques quotidiennes et de donner aux équipes des repères communs.
Renforcer la bientraitance en EHPAD consiste à créer les conditions permettant aux professionnels de respecter les droits, les choix, les besoins et la singularité de chaque résident tout en questionnant régulièrement les pratiques collectives.
La démarche gagne à associer observation du terrain, expression de la personne accompagnée, communication au sein de l’équipe, analyse des situations difficiles et développement des compétences.
La formation professionnelle peut soutenir ce travail. Elle ne remplace cependant ni l’organisation de l’établissement ni les procédures de prévention et de traitement des situations de maltraitance.
| Axe de travail | Question à poser en équipe | Finalité |
|---|---|---|
| Respect de la personne | Les choix et habitudes du résident sont-ils recherchés ? | Individualiser l’accompagnement |
| Communication | Les professionnels partagent-ils des repères communs ? | Réduire les incompréhensions |
| Organisation | Certaines contraintes favorisent-elles des pratiques inadaptées ? | Identifier les facteurs de risque |
| Expression du résident | La personne peut-elle faire connaître son ressenti ? | Mieux prendre en compte son expérience |
| Développement des compétences | Les situations complexes sont-elles travaillées collectivement ? | Faire évoluer les pratiques |
En EHPAD, les professionnels accompagnent des personnes dont les besoins, les capacités d’expression, les habitudes et les niveaux d’autonomie sont différents.
Une même organisation peut donc être vécue différemment selon les résidents.
Une toilette réalisée dans un temps très contraint, un changement d’horaire non expliqué, une décision prise sans rechercher l’avis de la personne ou une communication trop rapide peuvent, par exemple, créer une situation inconfortable sans qu’une intention de nuire soit présente.
Le Code de l’action sociale et des familles rappelle que la maltraitance peut résulter d’un geste, d’une parole, d’une action ou d’un défaut d’action. Elle peut être intentionnelle ou non, et son origine peut être individuelle, collective ou institutionnelle. [2]
Cette dimension collective explique pourquoi le sujet ne peut pas être réduit à une simple injonction demandant aux professionnels « d’être bientraitants ».
Les structures souhaitant développer les compétences de leurs équipes peuvent consulter les formations FORSIM en gérontologie.
La bientraitance peut être comprise comme une démarche visant à respecter les droits, les libertés, les besoins et l’expression de la personne accompagnée tout en questionnant régulièrement les pratiques professionnelles et l’organisation.
Elle associe une dimension individuelle — la relation avec le résident — et une dimension collective portée par l’équipe et l’établissement.
La Haute Autorité de Santé inscrit cette démarche dans une logique d’amélioration continue de la qualité et de prévention de la maltraitance. [1]
La bientraitance ne correspond donc pas à une liste figée de comportements. Elle suppose une capacité à observer les situations, écouter la personne accompagnée et adapter les pratiques lorsque cela est nécessaire.
La bientraitance touche des situations très concrètes : respect de l’intimité, écoute, consentement, autonomie, rythme de vie, communication, relations avec les proches ou gestion des situations de tension.
Le Code de l’action sociale et des familles garantit notamment aux personnes accueillies en établissement social ou médico-social le respect de leur dignité, de leur intégrité, de leur vie privée et familiale, de leur intimité, de leur sécurité et de leur liberté d’aller et venir.
Il prévoit également un accompagnement individualisé de qualité, adapté aux besoins de la personne et recherchant son consentement lorsqu’elle peut exprimer sa volonté. [3]
| Situation quotidienne | Point de vigilance | Question professionnelle utile |
|---|---|---|
| Accompagnement d’un soin ou d’un acte de la vie quotidienne | Respect du choix et du rythme | La personne a-t-elle compris et pu s’exprimer ? |
| Organisation des horaires | Individualisation | L’organisation tient-elle suffisamment compte des habitudes du résident ? |
| Refus ou opposition | Communication | Avons-nous cherché à comprendre ce que la personne exprime ? |
| Transmission entre professionnels | Continuité | Les informations utiles sont-elles réellement partagées ? |
| Tension avec un résident ou un proche | Positionnement collectif | L’équipe dispose-t-elle de repères communs pour analyser la situation ? |
Une culture de bientraitance ne supprime pas les situations difficiles. Elle aide les professionnels à les examiner sans banaliser les difficultés ni culpabiliser les équipes.
FORSIM présente plus largement ses domaines de formation dans son espace médico-social et gérontologie.
La bientraitance s’inscrit dans un cadre plus large relatif aux droits des personnes accompagnées et à la prévention de la maltraitance.
L’article L119-1 du Code de l’action sociale et des familles donne une définition légale de la maltraitance des personnes en situation de vulnérabilité. Cette définition inclut notamment les atteintes résultant d’une action ou d’un défaut d’action et précise que leur origine peut être individuelle, collective ou institutionnelle. [2]
L’article L311-3 du même code garantit les droits et libertés individuels des personnes accueillies ou accompagnées par les établissements et services sociaux et médico-sociaux. Il cite notamment la dignité, l’intégrité, la vie privée, l’intimité, la sécurité et l’accompagnement individualisé. [3]
La Haute Autorité de Santé inscrit également la bientraitance et la gestion des signaux de maltraitance dans une démarche d’amélioration continue de la qualité. Elle souligne notamment le rôle de la direction et de l’encadrement ainsi que la nécessité de partager des repères entre les différents acteurs de l’établissement. [1]
Le développement des compétences des équipes s’intègre dans cette démarche. Une formation ne constitue cependant pas, à elle seule, une garantie de bientraitance ou de conformité de l’établissement.
Les échanges deviennent plus utiles lorsqu’ils s’appuient sur le quotidien.
En EHPAD, une équipe peut par exemple revenir sur une situation dans laquelle un résident refuse un accompagnement habituel, sur une tension lors d’un repas ou sur des difficultés liées à un changement d’organisation.
L’objectif n’est pas de rechercher immédiatement une faute.
Il s’agit d’identifier ce que la situation révèle : besoin mal compris, communication insuffisante, contrainte organisationnelle, pratiques différentes entre professionnels ou absence de repères partagés.
La perception de la personne accompagnée constitue un repère majeur.
Cela implique de rechercher son point de vue dans les conditions adaptées à ses possibilités d’expression et de ne pas confondre automatiquement organisation collective et besoins individuels.
Un refus, une opposition ou un changement de comportement peuvent notamment conduire l’équipe à réinterroger la situation avant d’apporter une réponse.
Une démarche de bientraitance devient plus difficile lorsque chaque professionnel traite seul les situations complexes.
Les temps de transmission, les retours d’expérience, les analyses de situation et les formations peuvent contribuer à construire un langage commun.
Cette cohérence facilite également la continuité de l’accompagnement lorsqu’un résident est accompagné par plusieurs professionnels au cours de la journée.
L’analyse d’une situation ne doit pas se limiter au comportement d’un professionnel.
La HAS souligne que les difficultés peuvent également être liées à l’organisation du travail, aux infrastructures ou aux postures professionnelles. [1]
Des horaires trop rigides, une circulation insuffisante de l’information ou des habitudes organisationnelles peuvent ainsi mériter d’être interrogés collectivement.
Les structures médico-sociales peuvent également consulter les formations FORSIM destinées aux structures médico-sociales et associatives.
Certaines approches peuvent limiter le travail engagé par un établissement.
Une attitude respectueuse compte, mais la bientraitance va plus loin.
Elle concerne également les droits de la personne, son autonomie, son expression et l’organisation de son accompagnement.
Certaines difficultés sont liées au fonctionnement collectif : manque de transmission, organisation trop rigide, repères contradictoires ou situations professionnelles insuffisamment analysées.
La recherche d’un responsable ne permet pas toujours de comprendre ces facteurs.
Un incident, une réclamation ou une tension peuvent fournir une matière utile pour analyser les pratiques lorsque le retour d’expérience est organisé de façon professionnelle.
Ces situations permettent notamment d’identifier des incompréhensions, des besoins de compétences ou des difficultés organisationnelles.
Deux résidents ne présentent pas nécessairement les mêmes besoins, habitudes ou capacités d’expression.
La recherche de cohérence collective ne doit donc pas conduire à effacer la singularité de la personne.
| Approche à éviter | Limite | Approche plus constructive |
|---|---|---|
| « Il suffit d’être bienveillant » | Le sujet reste individuel | Travailler les droits, les pratiques et l’organisation |
| Chercher immédiatement un responsable | Réduit l’analyse | Examiner aussi les facteurs collectifs |
| Appliquer la même réponse à tous | Ignore la singularité | Individualiser l’accompagnement |
| Ne travailler le sujet qu’après un incident | Démarche uniquement réactive | Entretenir régulièrement les repères |
| Former sans analyser le terrain | Risque de contenu déconnecté | Relier la formation aux situations professionnelles |
FORSIM positionne la formation comme un outil de développement des compétences ancré dans les réalités des établissements.
Sur une thématique telle que la bientraitance, cette logique consiste à aider les équipes à prendre du recul sur des situations professionnelles, à partager des repères et à mieux comprendre les facteurs qui influencent leurs pratiques.
L’objectif n’est pas de présenter une succession de principes théoriques déconnectés du quotidien.
Une situation vécue par l’équipe peut servir de point de départ pour travailler la communication, la place du résident, le positionnement professionnel ou encore la coordination entre intervenants.
Une formation intra peut notamment être envisagée lorsqu’un établissement souhaite travailler avec une équipe autour de son propre contexte professionnel. Les modalités précises restent à définir en fonction de la formation proposée et des besoins identifiés.
Cette démarche reste distincte de la prise en charge médicale ou de l’application des procédures internes.
La formation contribue au développement des compétences. Elle ne remplace ni les responsabilités de l’établissement ni les décisions professionnelles prises dans une situation individuelle.
Dans le champ gérontologique, FORSIM traite également d’autres situations rencontrées en établissement. L’article consacré à la canicule en EHPAD et aux compétences des équipes illustre cette approche orientée terrain.
La stratégie métier FORSIM identifie la bientraitance parmi les thématiques prioritaires du domaine de la gérontologie.
Elle mentionne également les thématiques suivantes :
Le catalogue de référence disponible ne détaille toutefois pas, pour la formation Bientraitance, le public précis, la durée, les objectifs pédagogiques ni le programme. Ces informations ne sont donc pas extrapolées dans cet article.
Pour le responsable formation, plusieurs besoins peuvent néanmoins être distingués avant de choisir une action de développement des compétences.
| Besoin observé dans l’établissement | Thématique FORSIM identifiée | Point à vérifier avant programmation |
|---|---|---|
| Questionnement général sur les pratiques d’accompagnement | Bientraitance | Contenu détaillé et public de la formation |
| Situations liées aux troubles cognitifs | Troubles du comportement et maladie d’Alzheimer | Adéquation avec les profils professionnels |
| Tensions relationnelles avec des personnes âgées | Gestion de l’agressivité de la personne âgée | Besoins précis de l’équipe |
| Situations d’urgence spécifiques aux résidents âgés | Prise en charge des urgences vasculaires | Objectifs et modalités de la session |
Cette première analyse aide l’établissement à distinguer un besoin général autour des pratiques professionnelles d’un besoin plus spécifique lié aux situations rencontrées par les équipes.
FORSIM dispose par ailleurs d’un contenu consacré à la prise en charge des urgences vasculaires pour les professionnels d’EHPAD.
La bientraitance est une démarche qui vise à respecter les droits, les besoins, les choix et la singularité du résident tout en interrogeant les pratiques et l’organisation de l’établissement.
Elle s’inscrit dans une logique d’amélioration continue de la qualité et de prévention de la maltraitance. [1]
Non.
La démarche de bientraitance concerne plus largement l’organisation de l’établissement et les différents acteurs participant à l’accompagnement. La HAS souligne notamment l’implication de la direction, des professionnels, des personnes accueillies, de leurs proches et de leurs représentants. [1]
Non.
Le Code de l’action sociale et des familles précise que les situations de maltraitance peuvent être intentionnelles ou non et avoir une origine individuelle, collective ou institutionnelle. [2]
La formation professionnelle peut fournir un espace structuré pour actualiser les repères, analyser des situations professionnelles et développer une approche commune au sein de l’équipe.
Elle constitue un levier de développement des compétences parmi d’autres et ne remplace pas l’organisation, les procédures ou les responsabilités de l’établissement.
Le point de départ peut être constitué par les situations réellement rencontrées : difficultés de communication, refus, troubles du comportement, tensions, questionnements autour des droits du résident ou pratiques différentes entre professionnels.
L’analyse de ces situations aide ensuite le responsable formation à rechercher une thématique adaptée aux besoins de l’équipe.
Renforcer la bientraitance en EHPAD revient moins à ajouter une règle supplémentaire qu’à entretenir une capacité collective à observer, questionner et ajuster les pratiques.
Les droits et l’expression du résident restent au centre de la démarche.
Autour d’eux, l’organisation, la communication, les transmissions, l’encadrement et les compétences professionnelles doivent pouvoir être régulièrement examinés.
Pour un responsable formation, l’enjeu est donc d’identifier les situations sur lesquelles l’équipe a besoin de construire ou d’actualiser des repères, puis de sélectionner une action adaptée.
Les établissements peuvent consulter le catalogue de formations FORSIM pour préparer leur plan de développement des compétences.
[1] Haute Autorité de Santé. (2024, mise à jour 2026). Bientraitance et gestion des signaux de maltraitance en établissement – Mise en œuvre en milieu sanitaire, médico-social et social – Personnes majeures. https://www.has-sante.fr/jcms/p_3549483/fr/bientraitance-et-gestion-des-signaux-de-maltraitance-en-etablissement-mise-en-oeuvre-en-milieu-sanitaire-medico-social-et-social-personnes-majeures
[2] Légifrance. (2022). Code de l’action sociale et des familles, article L119-1. https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000045135272/
[3] Légifrance. (2024). Code de l’action sociale et des familles, article L311-3. https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000049391603/
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